Le nouveau PDG de la Caisse de dépôt, valet de Desmarais et plus encore…

 

 » Le dernier profil à choisir
pour diriger cette institution « 

selon Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec

Le nouveau PDG de la Caisse de dépôt, Michael Sabia, a quitté la direction de la compagnie de téléphone Bell Canada l’été dernier.

Je le dis et je le répète, c’est un Québécois plus Québécois que les Québécois!

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/services-financiers/200903/13/01-836298-michael-sabia-a-la-tete-de-la-caisse-de-depot.php
(…)

Des réactions
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a déclaré vendredi que Michael Sabia était un vrai Québécois, qu’il connaissait très bien le Québec et qu’il était prêt à relever le défi de la gestion de la Caisse de dépôt et placement. Il a ajouté que son expérience à la fois dans l’administration publique et à la haute direction d’une entreprise privée en faisait un excellent choix pour diriger la Caisse.

http://media3.ledevoir.com/images_galerie/d_80368_70404/l-ancien-premier-ministre-est-favorable-a-l-exploitation-des-gaz-de-schiste.jpg
Bernard Landry

Pour sa part, l’ancien premier ministre Bernard Landry a estimé que M. Sabia avait « le dernier profil à choisir pour diriger cette institution ». Il a ajouté que cette nomination était « proche de la provocation ».

M. Landry a ajouté que « la culture socio-économique et la culture nationale canadian » de M. Sabia n’en faisait pas un PDG capable de travailler au Québec. L’ex-premier ministre péquiste a tout de même reconnu que M. Sabia s’exprimait dans un français convenable.

Plusieurs observateurs ont mentionné les réactions négatives qu’avait suscitées au Québec la transaction avortée entre BCE et le Fonds des enseignants ontariens Teachers, que M. Sabia avait pilotée. De nombreux acteurs du milieu des affaires craignaient en effet que le contrôle de cette entreprise glisse vers Toronto.

L’annonce de la nomination de Michael Sabia survient quelques heures après la tenue de la commission parlementaire sur les résultats de la Caisse, à laquelle a participé la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, vendredi matin. Le but de la commission est de faire la lumière sur les pertes de 40 milliards de dollars du bas de laine des Québécois en 2008.

 

Michael Sabia collabore étroitement avec l’organisme de lutte contre l’antisémitisme FAST (Fight Anti-Semitism Together). La liste de collaborateurs compte d’importants noms du monde des affaires tels que Paul Desmarais.
http://www.fightingantisemitism.com/fr/hist_supporters.html

Voici quelque autres noms importants du milieu des affaires qui sont eux aussi associés à FAST:

B’NAI B’RITH
Sep 15, 2006 – Jewish Independent
By: Bernie M. Farber

The Internet engine of hate

(…)Mr. Comper has enlisted an impressive array of corporate friends, clients and colleagues in his battle — all of them signatories to FAST. It’s a Who’s Who of Canadian business, including: former TD Bank CEO Charles Baillie, Manulife‘s chief executive officer Dominic D’Alessandro, RBC CEO Gord Nixon, Air Canada chairman Robert Milton, Bombardier CEO Laurent Beaudoin, former Weston chief Richard Currie, BCE chief executive officer Michael Sabia, Power Corp. co-CEO André Desmarais, Inco CEO Scott Hand, Sun Life Financial‘s Donald Stewart, former CIBC head John Hunkin, Maple Leaf Foods CEO Michael McCain, and BMO chairman David Galloway, among others. Mrs. Comper clearly plays a prominent role and she was mentioned frequently and intimately in her husband’s speech last week. He detailed the genesis of FAST, relating an emotional conversation the two had in their bathroom following a spate of anti-Semitic incidents in the spring of 2004 and the release of Mel Gibson’s film The Passion of the Christ. Both Mr. Comper’s sentiments and the purpose of FAST are laudable, to be sure. But this extraordinary speaking engagement has triggered some chat about whether a public company’s top executive should use his position and the name of his company to further a personal cause promoted by him and his wife. Mr. Comper will step down as CEO next spring. At that point, he presumably will pursue his public-speaking career as Tony Comper, private citizen.http://www.cjc.ca/template.php?Rec=185&action;=oped


Il a co-présidé au:

 

B’NAI BRITH
Montreal Award of Merit Dinner 2006

honouring:

Mr. E. Hunter Harrison,
President and CEO, CN

Coprésidents/Co-Chairmen:

Michael J. Sabia
President and C.E.O.
Bell Canada Entreprises

Paul M. Tellier
Corporate Director

http://www.bnaibrith.ca/pastevents.htm

Il semble qu’il ait lui-même déjà reçu ce prestigieux prix:

Harrison joined an eminent group of past Quebec Award of Merit recipients, including this year’s Tribute Committee Co-Chairmen, Michael J. Sabia, chief executive officer of Bell Canada Enterprises, and former CN chief Paul Tellier. As tributes to Harrison poured in from across the country, many of Canada’s leading business executives, politicians and community leaders attended the event, including former Quebec Premier Lucien Bouchard.

http://www.bnaibrith.ca/article.php?id=1122

Sabia fait partie de la récolte des PDG de 2006-2007 du Canadian Club de Montréal, avec Sheila Fraser la vérificatrice générale, Robert Tessier de Gaz Métro, Mike S. Zafirovski de Nortel, Rupert Duchesne de Aéroplan, Alain Giguère de CROP, les caricaturistes Serge Chapleau et Terry Mosher (Aislin), Andrea Martin du Reader’s Digest, etc. (télécharger ici le pdf)

Nous nous fions à un Institut international de contre-terrorisme pour confirmer que Michael Sabia n’est pas juif.

 

(…)It may not be a coincidence that Mr. Gordon M. Nixon has a strong relationship to the Canadian Israel Jewish Advocacy (CIJA) which recently awarded him their prestigious Words & Deeds Leadership award. As well, Mr. Michael Sabia, although not Jewish himself, has a high profile association to the Jewish community through his association with FAST (Fight Anti-Semitism Together).

http://www.ict.org.il/Articles/tabid/66/Articlsid/282/currentpage/3/Default.aspx

ARGENT-CANOË Sommet de Montebello (2007): Paul Desmarais fils et Michael Sabia brillent par leur absence

M. Jarislowsky ne tarit pas d’éloges à son endroit:

Président et chef de la direction de Jarislowsky Fraser, le financier montréalais croit que Michael Sabia s’attaque à un défi bien plus grand que la direction de BCE et de sa principale filiale Bell. «S’il veut être cuit, je crois que c’est un bon choix», a-t-il confié à La Presse Affaires.

M. Jarislowsky souligne néanmoins que Michael Sabia «a de l’expérience à gérer une grande société». Ce n’était pas le cas de M. Rousseau (qui venait de la Banque Laurentienne), ajoute-t-il. http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/quebec/200903/13/01-836351-la-caisse-un-defi-bien-plus-grand-que-bce.php

Mais ce n’est pas le cas de tous…

Scepticisme dans le monde des affaires

«Est-ce qu’il n’a pas détruit Bell? Est-ce qu’on prend les restants de Teachers’?»M. Campeau rappelle que si Teachers’ a voulu acheter BCE (Bell), alors dirigée par M. Sabia, c’est que la caisse de retraite ontarienne y voyait une possibilité de réussir beaucoup plus. M. Sabia avait d’ailleurs quitté BCE avant la clôture de la transaction – qui a finalement avorté.

«Il existe une perception voulant que, en matière de gestion du personnel, il soit zéro, ajoute M. Campeau. http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/dossiers/caisse-de-depot-lheure-de-verite/200903/13/01-836365-scepticisme-dans-le-monde-des-affaires.php

Sa mère Laura Sabia n’est pas juive non plus. Ce fut une « grande » féministe canadienne récipiendaire du prix de l’Ordre du Canada (comme Jarislowsky, ou Morgentaler).

Wikipedia:

Laura Sabia
Born September 18, 1916(1916-09-18)
Died October 17, 1996 (aged 81)
Known for Social activist and feminist

Laura Sabia (September 18, 1916 – October 17, 1996) was a Canadian social activist and feminist.

Born Laura Villela in Montreal, Quebec, the daughter of Italian immigrants, she played an important part, as National Chair of the Committee for the Equality of Women, in the creation of the Royal Commission on the Status of Women called by Prime Minister Lester B. Pearson in February 1967. She was a founding member and, from 1969 to 1973, the first President of the National Action Committee on the Status of Women. She was an alderwoman in St. Catharines, Ontario. She also wrote columns for The Toronto Sun.

Sabia was a two-time candidate for the Progressive Conservative Party of Canada. She finished second in the riding of St. Catharines, Ontario, losing by less than 4,000 votes, and came in third in a 1981 by-election in the Toronto riding of Spadina losing by 1,005 votes.

In 1974, she was made an Officer of the Order of Canada « for her devoted service to the cause of the status of women ». [1] In 1983, she was awarded the Governor General’s Awards in Commemoration of the Persons Case.
She was married to Michael Sabia and had two children: Mary-Michaele and Michael John, former head of Bell Canada Enterprises.
http://en.wikipedia.org/wiki/Laura_Sabia

Michael Sabia est marié à la fille de l’ancien premier ministre canadien Lester B. Pearson, Hillary Pearson.

Enfin, ce qui est sûr c’est que cette nomination ne contribuera pas à remonter la cote de popularité de ce gouvernement impopulaire!


Sabia à la Caisse : pincez-moi quelqu’un !

 

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Quelle mouche a piqué le conseil de la Caisse? Le gouvernement de Jean Charest est-il tombé sur la tête? Pense-t-il vraiment restaurer la crédibilité de la Caisse en plaçant Michael Sabia aux commandes? Chose certaine, s’il voulait faire diversion à la comparution forcée de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, en commission parlementaire, chapeau! C’est réussi. (…)

Michael Sabia a succédé à Jean Monty à la tête de BCE en 2002 même si ses trois années à la tête de Bell Canada International (BCI),un opérateur sans fil actif en Amérique latine, ont été désastreuses. Trop ambitieuse, trop pressée, BCI s’est fait surprendre par la dévaluation de la monnaie brésilienne et par l’éclatement de la bulle techno.

Lorsqu’il a été nommé grand patron, Michael Sabia a fait le ménage au conglomérat montréalais qui collectionnait des sociétés aux vocations éloignées de sa mission première en télécoms. Adieu, Téléglobe, BCI, CGI, BCE Emergis! À bientôt, Bell Globemedia! BCE a même fait un gros coup de fric lorsqu’il a cédé sa filiale Télésat Canada.

Alors qu’il mettait en oeuvre les leçons apprises lors de la privatisation du Canadien National (CN), Michael Sabia semblait parfaitement dans son élément. Toutefois, le dirigeant ne semblait pas savoir quoi faire avec tout cet argent. Rembourser la dette? Augmenter le dividende? Racheter des actions? Se convertir en fiducie de revenu? Un mélange de tout cela?

Michael Sabia a été incapable de donner une nouvelle impulsion à Bell Canada, attaquée de toutes parts par ses concurrents. Sa stratégie d’offrir des forfaits «différenciés», sous-entendu de meilleure qualité, mais à prix plus élevés, s’est retournée contre Bell lorsque le service à la clientèle a connu des ratés, notamment chez Bell Mobilité.

Puis, Bell Canada a tardé à réaliser les investissements dans ses réseaux de télécommunications qui lui auraient mieux permis de résister à la concurrence des câblodistributeurs, retard dont elle paie encore le prix.

Bref, lorsque le nouveau président du conseil de la Caisse, Robert Tessier, affirme avoir eu une «révélation» en voyant le nom de Michael Sabia sur la liste épurée des candidats soumise par les chasseurs de têtes Egon Zehnder International, une impression si forte qu’il n’a pas jugé bon d’interviewer le seul autre candidat supposément intéressant et intéressé par le poste, il est permis de se demander s’il n’en avait pas fumé du bon…

La nomination de Michael Sabia surprend d’autant plus que son expertise en placement, en gestion du risque, en immobilier et en produits dérivés est très limitée. Tout au plus a-t-il fait partie des comités de placement des régimes de retraite des employés du CN et de Bell. Et ce n’est pas Robert Tessier qui palliera ces lacunes, lui qui a fait carrière dans l’industrie gazière et la fonction publique. Heureusement que le conseil étoffe son expertise en finance avec l’arrivée d’administrateurs comme Réal Raymond, l’ex-président de la Banque Nationale.

Michael Sabia est un mauvais choix qui s’est fait dans l’improvisation la plus totale, sur un coin de table. Entre attendre des mois pour trouver un successeur à Richard Guay et prendre cinq jours pour nommer un président dans la précipitation, à un moment critique de l’histoire de la Caisse, il y avait un grand pas à ne pas franchir.

Seulement quatre administrateurs ont «sélectionné» Michael Sabia en cinq jours. Deux de ceux-ci sont membres du conseil de la Caisse depuis une grosse semaine. Parmi eux, l’avocat Jean-Pierre Ouellet, qui connaît très bien Michael Sabia. Ce nouvel administrateur était chef des affaires juridiques du CN à l’époque où Sabia était responsable de la direction financière du transporteur ferroviaire.

Les explications fournies hier étaient d’ailleurs cousues de fil blanc. Michael Sabia n’était apparemment pas intéressé par le poste l’automne dernier, lorsqu’on l’a sondé pour la première fois. Il n’a d’ailleurs pas eu d’entrevue. Mais l’arrivée de Robert Tessier et de nouvelles circonstances familiales (inexpliquées) l’auraient fait changer d’idée, a-t-il dit.

Le hic, c’est que Michael Sabia a exprimé son nouvel intérêt avant même que Robert Tessier ne soit sélectionné.

Si le gouvernement de Jean Charest cherchait à restaurer la crédibilité de la Caisse, ternie par l’administration Rousseau-Guay, avec cette nomination à la va-vite qui fleure bon l’influence politique, il a accompli tout le contraire. http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/sophie-cousineau/200903/14/01-836488-une-revelation-qui-choque.php

* * *

Caisse de dépôt et placement
Sabia rencontre Québec inc. chez Power Corporation
3 avril 2009

En vidéo, écoutez les précisions de la journaliste Annie Dufour.

Le nouveau président de la Caisse de dépôt et placement, Michael Sabia, est passé en mode rencontre ce midi, alors qu’il est allé prendre le lunch avec son prédécesseur Henri-Paul Rousseau et plusieurs représentants de Québec inc.

La rencontre s’est déroulée dans les bureaux de Power Corp. On a pu y apercevoir le président du conseil de Transcontinental, Rémi Marcoux, le grand patron de Jean Coutu, François Jean Coutu, l’ancien patron de Métro, Pierre Lessard, et les dirigeants des deux plus importantes institutions financières du Québec, Monique Leroux, du Mouvement Desjardins, et Louis Vachon, de la Banque Nationale.

M. Sabia était également accompagné du nouveau président du conseil, Robert Tessier.

Selon une porte-parole de Desjardins, Monique Leroux a reçu une invitation de Michael Sabia pour discuter de quelques questions. Toujours selon cette porte-parole, entre 15 et 20 personnes ont assisté à la rencontre. Elle a ajouté qu’il pourrait y avoir de nouveaux rendez-vous du même groupe dans l’avenir.

Un porte-parole de Power Corp., Edward Johnson, a de son côté indiqué à Argent que la rencontre avait été organisée à l’initiative d’André Desmarais, co-chef de direction du conglomérat financier.

Monsieur Johnson a précisé que monsieur Desmarais avait l’habitude d’organisé régulièrement des rencontres avec des gens d’affaires.

« Ca a été une bonne réunion. C’est un homme très intelligent, il a une stratégie et c’est la bonne », a notamment indiqué Rémi Marcoux au sortir de chez Power Corp.

« Il a été très intéressant de voir les perspectives d’avenir de la Caisse », a de son côté estimé François Jean Coutu.

Un porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon, a fait savoir que d’autres rencontres auront lieu avec les dirigeants de Québec inc.

Le but, a-t-il soutenu, est de raffermir les liens de l’institution avec les gens d’affaires du Québec.

Monsieur Chagnon n’a pu expliquer pourquoi la rencontre s’était tenue chez Power Corp.

http://bernarddrainville.org/drainville/2009/03/27/une-erreur-historique

Une erreur historique

Bernard Drainville
Député de Marie-Victorin
Le 27 mars 2009

Le premier ministre Charest a décidé de maintenir sa décision de nommer Michael Sabia pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Jusqu’à maintenant, en tout cas. Cette décision est une erreur grave. Peut-être la pire qu’ait commise Jean Charest depuis son élection en 2003, ce qui n’est pas peu dire. La nomination de Michael Sabia pourrait avoir des conséquences incalculables sur l’économie du Québec, sur la protection de nos sièges sociaux, sur notre capacité d’être maîtres chez nous, bref, sur notre souveraineté économique. De l’ADQ à Québec Solidaire en passant par d’anciens membres du conseil d’administration de la Caisse et des sources anonymes au sein même du PLQ, les Québécois sont, à juste titre, consternés par l’erreur aux proportions historiques que vient de commettre leur gouvernement. L’affaire est tellement grosse qu’il faut se demander si Jean Charest ne s’est pas donné pour mandat de démanteler le Québec Inc avant de quitter le poste de premier ministre.

Pour le Parti Québécois, la Caisse a deux mandats, tout aussi importants l’un que l’autre : offrir le meilleur rendement possible à ses déposants et aux retraités du Québec ET participer au développement économique du Québec. Pour Jean Charest et son gouvernement, seul le rendement importe. L’endroit où l’argent de la Caisse est investi n’a pas d’importance. Même s’il est ici question de l’épargne collective des Québécois. C’est cette doctrine du rendement optimal qui a amené la Caisse à investir autant d’argent dans le papier commercial ou dans des projets douteux, comme celui de l’aéroport d’Heathrow à Londres. Dans ce dernier cas, la Caisse a investi 2 milliards $ qui ne valent plus rien maintenant. Pourtant, rien ne démontre que l’investissement chez nous, au Québec, serait moins rentable qu’ailleurs dans le monde. Bien au contraire.

D’emblée, il y a une raison qui disqualifie Michael Sabia comme pdg de la Caisse : il refuse de s’engager à protéger Bombardier et les autres grandes entreprises québécoises qui ont leur sièges sociaux au Québec. En fait foi cet extrait de la conférence de presse de Michael Sabia, le jour de sa nomination, le 13 mars 2009 :

– Daniel Bordeleau, SRC : « Est-ce que vous croyez que la Caisse doit intervenir pour maintenir au Québec le siège social des grandes compagnies, comme la Banque nationale, Bombardier ou même BCE ? »
– Michael Sabia : « Je pense que ces décisions sont prises par ces sociétés et moi je ne suis pas convaincu que c’est même possible pour la Caisse d’agir un rôle déterminant dans ces décisions. Ces décisions, d’ordinaire, sont dirigées par d’autres choses dont je suis pas certain que c’est vraiment le rôle de la Caisse ».

Pas « possible » pour la Caisse « d’agir » ? Pas « certain » que « c’est vraiment le rôle de la Caisse » de maintenir au Québec le siège social de la Nationale, de Bombardier ou de BCE ? Qu’est-ce que c’est que cette foutaise ? Mais alors, dites-moi, qui va protéger SNC-Lavalin ? Et Jean Coutu ? Et Couche-Tard ? Et Cascades ? Et l’Industrielle Alliance? Et CGI ? Et Cossette ? Et tous les autres fleurons du Québec Inc qui ont leur place d’affaires chez nous et qui pourraient faire l’objet d’offres d’achat hostiles dans l’avenir ?

Sans parler de Quebecor. Réalisez-vous qu’à titre de pdg de la Caisse, Michael Sabia devient maintenant le patron du plus gros actionnaire de Quebecor Média (outre la famille Péladeau) ? Hier encore, il en était l’un des principaux concurrents, à titre de pdg de BCE. Le jour où Rogers – ou un autre concurrent torontois ou étranger – voudra acquérir Quebecor (ce qui veut dire notamment le réseau TVA), qu’aura à dire M. Sabia ? Est-ce qu’il protégera la propriété québécoise du groupe ? Ou deviendra-t-il complice de la vente de cette entreprise de chez nous à des intérêts n’ayant aucune sensibilité à la culture et à l’identité québécoises ?

Le choix de Michael Sabia est d’autant plus contestable que son parcours dans le monde des affaires a été tout sauf étincelant. Son seul véritable fait d’armes a été la transaction avortée entre Bell et Teachers, qui aurait eu pour résultat d’achever le déménagement du siège social de BCE de Montréal à Toronto. De plus, alors que la Caisse a besoin d’un président qui connaît le placement et la gestion du risque, Michael Sabia n’a aucune expertise reconnue en ces domaines. Et on n’a pas encore parlé du processus totalement vicié qui a mené à sa nomination ; André Pratte, l’éditorialiste en chef de La Presse, avait bien raison de qualifier ce processus de « bidon ». Imaginez ; Michael Sabia a été le seul candidat à être reçu en entrevue par le comité de sélection de la Caisse. Comme s’il était la seule personne dans tout le Québec à avoir les compétences pour occuper le poste. Ou à en avoir assez pour mériter une entrevue !!

Politique. Cette décision sent la politique à plein nez. Jean Charest est sur son déclin. Il aura choisi de nommer un allié à la Caisse afin d’assurer son avenir personnel, le jour où il quittera la vie politique. En nommant un fédéraliste notoire, ex-membre influent du Conseil privé du Canada et ex-membre du Conseil de l’unité canadienne, il consolide l’influence de ceux qui ne veulent pas d’un Québec trop fort. Qui le veulent petit, docile, résigné à sa condition provincialiste. Est-ce la première étape menant au démantèlement de la Caisse en plusieurs entités ? Pour affaiblir encore plus le navire amiral du Québec financier et économique ? Pour nous affaiblir encore plus, collectivement ?

Il y a dans cette décision du premier ministre quelque chose qui ressemble à une trahison et à une démission face à ce qui devrait être son premier devoir : la défense des intérêts supérieurs de la nation québécoise. Nous n’avons pas fini de payer pour sa réélection.

 

 

 

Le PQ raille l’idée que le grand patron de la Caisse de dépôt et placement ait eu besoin d’André Desmarais pour se présenter à la crème de Québec inc.
Le Devoir
mercredi 8 avril 2009

Michael Sabia continue de soulever la controverse, cette fois-ci pour avoir pris un premier contact dans ses nouvelles fonctions avec des dirigeants de Québec inc. au siège social de Power Corporation. L’opposition n’a guère apprécié la chose.

Robert Dutrisac Québec — La rencontre au siège social de Power Corporation entre le nouveau patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Michael Sabia, et la crème de Québec inc. a suscité des réactions négatives de la part des trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

Au Parti québécois, on trouve « très étrange » que le premier contact de Michael Sabia, à titre de président de la Caisse, avec une quinzaine de dirigeants de grandes entreprises québécoises se fasse dans le décor feutré du siège social de Power Corporation à Montréal. À l’Action démocratique du Québec, on voit dans cette rencontre un manquement à l’éthique, tandis que chez Québec solidaire, on craint même que Power Corporation exerce un contrôle sur la CDPQ.

Lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, le porte-parole péquiste en matière de finances, François Legault, s’adressant à la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a versé dans l’ironie. « Est-ce que la ministre des Finances ne peut pas convenir qu’actuellement, M. Sabia devrait mettre toutes ses énergies à prendre connaissance des dossiers, rencontrer les dirigeants importants du Québec, céduler [sic] lui-même les rencontres ? On pourrait lui dire aussi qu’il y a des salles de conférence à la Caisse de dépôt, qu’il n’est pas obligé d’aller ailleurs », a lancé M. Legault.

Selon l’information diffusée sur la chaîne Argent et publiée dans des journaux de Quebecor, c’est le président de Power Corporation, André Desmarais, qui a invité Michael Sabia à venir rencontrer des dirigeants de Québec inc. au siège social du holding. Le vice-président de Power et ex-président et chef de la direction de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, était présent lors de ce lunch d’affaires offert par l’empire Desmarais, tout comme le président du conseil de Transcontinental, Rémi Marcoux, le président du Groupe Jean Coutu, François Jean Coutu, l’ancien p.-d.g. de la chaîne d’alimentation Metro, Pierre Lessard, ainsi que les têtes dirigeantes du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, et de la Banque Nationale, Louis Vachon. Il y avait un grand absent : Pierre Karl Péladeau, le président de Quebecor, une entreprise dans laquelle la CDPQ a pourtant investi massivement.

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’institutions financières, le député de Nicolet-Yamaska Jean-Martin Aussant, s’est demandé, hier, pourquoi ce sont M. Desmarais et Power Corporation « qui devraient faire accepter le choix de M. Sabia aux décideurs de Québec inc ».

Si M. Sabia avait été mieux reçu au départ, « il n’y aurait pas tout ce travail d’acceptation à faire », a avancé M. Aussant. « Et surtout, si le nouvel arrivant à la tête de la Caisse connaissait déjà le Québec et ses institutions économiques, il n’aurait pas à se faire présenter. »

Pour le porte-parole adéquiste en matière de finances, le député de Shefford François Bonnardel, il y a une « question d’éthique » qui se pose. « Je pense que ça aurait pu se faire ailleurs », a-t-il livré au Devoir. « On dirait un casse-tête qui déboule tous les jours, a-t-il illustré. C’est une répercussion totale d’une nomination qui s’est faite à la sauvette. »

Amir Khadir, de Québec solidaire, estime qu’« on assiste à ce qui a l’apparence d’une espèce de prise de contrôle de la Caisse de dépôt à un moment où elle est très fragile ». Selon le député de Mercier, la famille Desmarais a déjà « réussi à neutraliser le seul allié international qu’avait le Québec » dans l’éventualité où les Québécois choisiraient l’indépendance. La Caisse est « un autre outil pour que le Québec puisse assumer ses choix », estime M. Khadir. Or MM. Sabia et Desmarais font partie de « l’élite d’affaires canadienne » qui cherche à intégrer l’économie du Québec à celle des États-Unis, a-t-il déploré.

Talonnée par François Legault, Mme Jérôme-Forget a révélé qu’on n’avait toujours pas mis la dernière main aux conditions d’embauche de M. Sabia. Des négociations ont toujours cours avec le service des emplois supérieurs du Conseil exécutif. Après avoir défendu la semaine dernière l’idée que M. Sabia peut détenir des options d’achat d’actions de BCE, options auxquelles M. Sabia a décidé de renoncer, la ministre est revenue sur sa position en affirmant que le président du conseil de la Caisse, Robert Tessier, l’avait informée « il y a longtemps » que M. Sabia se déferait de ces options.

 

Sabia a touché 21 millions $ de BCE en 2008

Publié le 01 avril 2009 à 16h54 | Mis à jour le 01 avril 2009 à 17h34

Sabia a touché 21 millions $ de BCE en 2008

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Photo: Archives La Presse

Michael Sabia

Sylvain Larocque

Le nouveau président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, a touché pas moins de 21 millions $ de son ancien employeur, BCE (T.BCE), en 2008.

La rémunération que la société mère de Bell Canada a versée à M. Sabia l’année dernière comprenait une indemnité de départ de 9 millions $, soit l’équivalent du salaire et des primes qu’il a reçus au cours des trois dernières années. Le Régime de retraite des enseignants de l’Ontario (Teachers) avait exigé son départ dans le cadre du projet de rachat de BCE, qui a finalement échoué.

Le dirigeant a aussi eu droit à une prime de rendement de 3,1 millions $ et à une «prime de reconnaissance» de 1,3 million $ pour le projet de rachat de BCE par un groupe d’investisseurs dirigé par Teachers. Le reste de la rémunération comprenait des unités d’actions, des options d’achat d’actions et la valeur du régime de retraite de l’ex-PDG, précise la plus récente circulaire de procuration, déposée mercredi.

Michael Sabia, 55 ans, reçoit depuis septembre une rente annuelle de 968 750 $. Ce montant sera indexé au coût de la vie jusqu’à sa mort.

La semaine dernière, M. Sabia a annoncé qu’il renoncerait, à la Caisse, à ses primes de rendement en 2009 et en 2010, à son régime de retraite ainsi qu’à toute indemnité de départ. Le président du conseil d’administration de l’institution, Robert Tessier, a alors soutenu qu’il s’agissait d’une décision «altruiste» et «généreuse».

L’actuel président et chef de la direction de BCE, George Cope, a gagné 4,6 millions $ en 2008, dont 2,1 millions $ à titre de «prime de reconnaissance» pour le projet avorté de Teachers. Il a aussi reçu pour 11,3 millions $ d’actions et d’options d’achat d’actions de BCE.

Au moins quatre autres dirigeants de l’entreprise montréalaise ont reçu plus de 4 millions $ en 2008, dont Stéphane Boisvert, président du secteur des grandes entreprises de Bell Canada. C’est sans compter les millions de dollars en actions et options d’achat d’actions.

Dans la circulaire, BCE explique qu’en raison du projet de Teachers, les membres de la haute direction ont vu leur charge de travail augmenter, sans compter qu’ils ne pouvaient pas négocier d’actions de l’entreprise, ni monnayer leurs options. Les paiements versés en 2008 étaient «exceptionnels et non récurrents», a-t-on assuré.

Un vote l’an prochain

Le géant des télécommunications a par ailleurs indiqué, mercredi, qu’il emboîterait le pas aux banques canadiennes et à d’autres institutions financières en tenant un vote consultatif sur la politique de rémunération de ses hauts dirigeants. Le conseil d’administration recommande ainsi aux actionnaires de se prononcer en faveur d’une proposition présentée par le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), fondé par Yves Michaud.

BCE s’oppose toutefois aux autres propositions du MEDAC, notamment celle prônant que la moitié des nouvelles candidatures mises de l’avant pour des postes au conseil d’administration soient féminines. L’entreprise rejette également la proposition d’un petit actionnaire souhaitant une réduction des salaires, primes, options d’achat d’actions et autres avantages octroyés aux hauts dirigeants.

Lors de l’assemblée annuelle du 7 mai, qui se tiendra à Toronto, trois nouveaux membres doivent faire leur entrée au conseil d’administration de BCE, dont le Montréalais Robert Brown, président et chef de la direction de CAE (T.CAE).

L’action de BCE a clôturé mercredi à 26,01 $, en hausse de 3,5 pour cent, à la Bourse de Toronto.

Bloomberg.com

BCE paid Sabia $21-million last year

Frederic Tomesco, Bloomberg Published: Wednesday, April 01, 2009

Michael Sabia, former president and chief executive officer of BCE Inc.

Christinne Muschi/ReutersMichael Sabia, former president and chief executive officer of BCE Inc.

BCE Inc. paid former chief executive Michael Sabia about $21-million last year before the company’s proposed sale to an investor group collapsed.

Mr. Sabia, who left BCE on July 11, received a $729,167 salary, according to the company’s management information circular, filed with Canadian securities regulators Wednesday.

He also got an annual bonus of $3.13-million, one-time « privatization transaction related payments » of $1.25-million, and other compensation of $14.6-million. That last payment includes $9 million in severance, the filing shows.

BCE’s proposed $52-billion sale to a group led by the Ontario Teachers’ Pension Plan collapsed on Dec. 11. Mr. Sabia became CEO of the Caisse de Depot et Placement du Quebec, Canada’s largest pension-fund manager, on March 13.

Mr. Sabia started receiving an annual pension of $968,750 in September, the filing also shows. His pension, which represents 40% of his best consecutive 60 months of earnings, may rise by as much as 4% a year, the document says. The total value of Mr. Sabia’s accrued pension obligations is $14.9-million, the company said Wednesday.

After accepting the job at the Caisse last month, Mr. Sabia agreed to give up his pension, two years of bonuses and any severance payments if he leaves.

BCE, based in Montreal, is Canada’s biggest phone company.

Bloomberg.com

Jarislowsky fait confiance à Sabia 15 mai 2009

Caisse de dépôt
Qui va surveiller Michael Sabia ?
Dany Doucet
30/05/2009 08h34 – Mise à jour 30/05/2009 12h46

Tout sur le scandale de la Caisse de dépôt et placements : Quebec101.org

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