Un propagandiste néocon, Jamie Fly, revendique son rôle dans la vaste campagne de censure sur Facebook et Twitter. Les comptes censurés ont en commun d’être anti-guerre, la liste noire fut établie par une officine liée à l’Atlantic Council, qui est un outil de propagande pour le complexe militaro-industriel américain

The Atlantic Council fait partie intégrante de l’arsenal de propagande par lequel les néocons ont pris les commandes de la machine de guerre américaine, pour faire des États-Unis le gendarme de la planète.

Mais alors qu’un néocon revendique le mérite d’être à l’origine de cette vaste campagne de censure, les liens effectifs unissant le lobby israélien et ces faucons de guerre restent dans l’ombre dans la plupart des compte-rendus journalistiques… Incluant les comptes-rendus des médias alternatifs.

Comme le fait remarquer un commentateur (consortium news), les concepts de « néocon » et « faucon de guerre » cachent en réalité l’influence du lobby guerrier pro-israélien. Les médias de droite accusent les néocons d’être de gauche (« mondialistes libéraux ») et les médias de gauche accusent les néocons d’être de droite (« impérialistes quasi-religieux ») ; le fait est que sous Carter les néocons ont quitté le parti démocrate, qu’ils occupaient depuis les années 1960, pour rejoindre le parti républicain de Reagan qui leur paraissait en comparaison être un vrai Eldorado. Or leur programme n’a pas changé, il transcende les clivages gauche-droite de même que les partis politiques. Parce que les néocons ont eu peur de Trump et ont menacé de rejoindre le camp d’Hillary Clinton contre lui, les droitistes affirment que les néocons sont foncièrement démocrates et pro-Hillary, mais ils se trompent, car si les néocons changent de parti d’une décennie à l’autre c’est simplement pour rester fidèle à leur allégeance, puisque ce sont les partis eux-mêmes qui changent année après année.

 

Les photos accompagnant l’article se trouvent là:

La censure des médias alternatifs sur Facebook n’est « que le commencement »

 

 

La censure des médias alternatifs sur Facebook n’est « que le commencement »

En octobre, Facebook et Twitter ont supprimé les comptes de centaines d’utilisateurs, y compris de nombreux médias alternatifs gérés par des utilisateurs américains. Parmi ceux qui ont été éliminés lors de cette purge coordonnée se trouvaient des sites populaires qui examinent la brutalité policière et l’interventionnisme américain, tels que The Free Thought Project, Anti-Media et Cop Block, ainsi que les pages de journalistes comme Rachel Blevins.

 

Facebook a affirmé que ces pages avaient « enfreint nos règles contre le spam et le comportement inauthentique coordonné ». Cependant, des sites comme The Free Thought Project ont été vérifiés par Facebook et étaient largement reconnus comme des sources légitimes d’actualités et d’opinions. John Vibes, un journaliste indépendant qui contribuait à Free Thought, a accusé Facebook de « favoriser les sources traditionnelles et de faire taire les voix alternatives ».

 

Dans les commentaires publiés ici pour la première fois, un initié néo-conservateur de Washington s’est apparemment attribué un peu du mérite de cette récente purge, et a promis de nouvelles suppressions dans un proche avenir.

 

« La Russie, la Chine et d’autres états étrangers tirent parti de notre système politique ouvert », a déclaré Jamie Fly, chercheur principal et directeur du programme Asie au sein du groupe de réflexion influent qu’est le German Marshall Fund, financé par le gouvernement américain et l’OTAN. « Ils peuvent inventer des histoires qui se répètent et se propagent à travers différents sites. Nous commençons donc à peine à résister. Rien que la semaine dernière, Facebook a commencé à supprimer des sites. Donc, ce n’est que le commencement ».

 

Fly s’est ensuite plaint que « tout ce qu’il faut, c’est un compte de courrier électronique » pour créer un compte Facebook ou Twitter, déplorant ainsi l’accessibilité des sites au grand public. Il a prédit une longue lutte à l’échelle mondiale pour remédier à la situation et a souligné que cela nécessiterait une vigilance constante.

 

Fly a fait ces remarques époustouflantes à Jeb Sprague, professeur en sociologie invité à l’Université de Californie à Santa Barbara et co-auteur de cet article. Les deux hommes ont discuté lors d’une pause-déjeuner au cours d’une conférence sur la sécurité en Asie organisée par la Stiftung Wissenschaft und Politik à Berlin, en Allemagne.

 

Dans le tweet se trouvant ci-dessous, Fly est la troisième personne en partant de la gauche qui apparaît assise à la table.

 

Les propos de Fly (« nous commençons à peine à résister ») semblaient confirmer les pires craintes de la communauté des médias alternatifs. A l’écouter, on pourrait croire que cette dernière purge était motivée par la politique, non par la prévention du spam, mais aussi par des intérêts puissants hostiles aux opinions dissidentes, en particulier en ce qui concerne la violence de l’état américain.

 

Jamie Fly, montée d’un cadre néo-conservateur

 

Jamie Fly est un leader influent de la politique étrangère qui a passé cette année à faire pression pour obtenir la censure des « vues marginales » sur les réseaux sociaux. Au fil des ans, il a plaidé pour une attaque militaire contre l’Iran, une guerre de changement de régime contre la Syrie et une augmentation des dépenses militaires à des niveaux sans précédent. Il est l’incarnation du cadre néo-conservateur.

 

Comme beaucoup de néo-conservateurs de la deuxième génération, Fly est entré au gouvernement en se frayant un chemin dans des positions intermédiaires au sein du Conseil de sécurité nationale et du Ministère de la Défense de George W. Bush.

 

En 2009, il a été nommé directeur de la Foreign Policy Initiative (FPI), une nouvelle version du Project for a New American Century (PNAC) de Bill Kristol. Ce dernier groupe était un groupe de coordination composé d’activistes néo-conservateurs qui avaient d’abord plaidé en faveur d’une invasion de l’Irak dans le cadre d’un projet plus vaste de changement de régime dans les pays qui résistaient à la sphère d’influence de Washington.

 

En 2011, Fly franchissait une nouvelle étape dans le projet du PNAC en réclamant des frappes militaires sur l’Iran. « Utiliser plus de diplomatie n’est pas une réponse adéquate », a-t-il affirmé. Un an plus tard, Fly exhortait les États-Unis à « élargir la liste de leurs objectifs au-delà du programme nucléaire [iranien] aux principaux éléments de commandement et de contrôle de la Garde républicaine et du ministère du Renseignement, ainsi qu’aux installations associées à d’autres responsables gouvernementaux ».

 

Fly s’est rapidement retrouvé dans le bureau du Sénat de Marco Rubio, un projet personnel néo-conservateur, où il prit le rôle de principal conseiller en politique étrangère. Parmi les autres initiatives interventionnistes, Rubio a joué un rôle de premier plan dans la promotion de sanctions économiques sévères visant le Venezuela, préconisant même une attaque militaire du pays par les États-Unis. Lorsque la campagne présidentielle de Rubio en 2016 s’est effondrée au milieu d’une révolte de masse de la base américaine du Parti républicain contre l’establishment du parti, Fly a été forcé de chercher de nouvelles opportunités.

 

Il les a trouvées dans l’atmosphère paranoïaque du Russiagate qui se forma peu après la victoire électorale choquante de Donald Trump.

 

PropOrNot suscite la panique des médias alternatifs

 

Shattered, le récit journalistique d’un initié sur la campagne présidentielle d’Hillary Clinton, a révélé que « dans les jours qui ont suivi l’élection, Hillary a refusé d’assumer la responsabilité de sa propre défaite ». Selon le livre, ses principaux conseillers ont été convoqués le lendemain « afin d’argumenter que les élections n’avaient pas été tout à fait règlementaires… Déjà, le piratage russe était la pièce maîtresse de la discussion ».

 

Moins de trois semaines après la défaite de Clinton, Craig Timberg du Washington Post a publié un rapport aux sources douteuses, intitulé : « La propagande russe a permis de répandre de « fausses actualités »». L’article évoquait un effort maccarthyste de la part de PropOrNot, une organisation obscure et anonyme, visant à mettre quelques 200 médias américains sur une liste noire en tant que « propagande en ligne » russe.

 

Les groupes de médias alternatifs figurant sur la liste noire de PropOrNot incluent certains de ceux qui ont été récemment purgés par Facebook et Twitter, tels que The Free Thought Project et Anti-Media. Parmi les critères que PropOrNot a identifiés comme des signes de propagande russe figuraient « Le soutien à des politiques comme le Brexit et à l’éclatement de l’UE et de la zone euro » et « L’opposition à la résistance ukrainienne à la Russie et à la résistance syrienne à Assad ». PropOrNot a appelé à « des enquêtes officielles par le gouvernement américain » sur les groupes qu’il avait mis sur la liste noire.

 

Selon Craig Timberg, correspondant du Washington Post, qui a défendu sans réserve l’initiative de suppression des médias, PropOrNot a été créé par « un ensemble apolitique de chercheurs issus des domaines de la politique étrangère, de la défense et de la technologie ». Timberg a cité une personnalité associée au Center for Cyber and Homeland Security ​​(Centre pour la cybersécurité et la sécurité intérieure) de la George Washington University, Andrew Weisburd, et cité un rapport qu’il avait écrit avec son collègue, Clint Watts, sur l’ingérence de la Russie.

 

Le texte de Timberg sur PropOrNot a été largement promu par d’anciens membres du personnel de Clinton et célébré par Dan Pfeiffer, ancien conseiller d’Obama à la Maison Blanche, comme étant « la plus grande histoire au monde ». Mais après une vague de critiques cinglantes, notamment dans les pages du New Yorker, l’article a été amendé par une note du rédacteur en chef qui disait : « Le [Washington] Post … ne garantit pas la validité des conclusions de PropOrNot concernant les médias individuels ».

 

PropOrNot avait apparemment été présenté comme un simulacre maccarthyste, mais le concept sous-jacent (exposer les médias américains en ligne comme étant des véhicules des « mesures actives » du Kremlin) a continué à prospérer.

 

Naissance du traqueur de bot russe – avec l’argent du gouvernement américain

 

En août, une nouvelle initiative apparemment connectée a fait surface, cette fois-ci avec le soutien d’une coalition bipartite de responsables de la politique étrangère démocrate et des néo-conservateurs Never Trumpers à Washington. L’organisation, qui s’appelle Alliance for Securing Democracy (ASD) (Alliance pour la sécurité de la démocratie), visait à exposer la manière dont de supposés bots russes sur Twitter infectaient le discours politique américain avec des récits de division. Elle présentait quotidiennement un tableau de bord en ligne « Hamilton 68 » qui mettait en évidence l’activité supposée du bot grâce à des graphiques faciles à digérer. Comme par hasard, le site évitait de nommer les comptes d’influence numériques du Kremlin qu’il prétendait suivre.

 

L’initiative a immédiatement été approuvée par John Podesta, fondateur du Center for American Progress, groupe de réflexion du parti démocrate, et ancien chef de cabinet de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton en 2016. Julia Ioffe, correspondante en chef de The Atlantic sur le Russiagate, a déclaré que le traqueur de bot était « un outil très cool ».

 

Contrairement à PropOrNot, l’ASD était parrainée par l’un des groupes de réflexion les plus respectés de Washington, le German Marshall Fund, créé en 1972 pour entretenir les relations privilégiées entre les États-Unis et l’Allemagne de l’Ouest.

 

Le German Marshall Fund est en grande partie financé par les gouvernements occidentaux et reflète en grande partie leurs intérêts en matière de politique étrangère. Ses deux principaux sponsors financiers, représentant plus d’1 million de dollars par an, sont l’Agence américaine pour le développement international (USAID), la branche de soft power du gouvernement américain, et l’Office des Affaires Étrangères allemand (connu sous le nom de Auswärtiges Amt). Le Ministère des Affaires Etrangères des États-Unis verse également plus d’un demi-million de dollars par an, de même que le Ministère allemand de la Coopération Économique et du Développement et les ministères des Affaires Étrangères de Suède et de Norvège. De même, il reçoit au moins un quart de million de dollars de l’OTAN chaque année.

 

Bien que le German Marshall Fund n’ait pas nommé les donateurs qui ont spécifiquement parrainé l’initiative Alliance for Securing Democracy, il accueille un groupe bipartite de partisans de la sécurité nationale au sein du conseil consultatif de l’ASD, ce qui confère à l’entreprise toute sa crédibilité. Ils vont de Bill Kristol, icône du mouvement néo-conservateur à Jake Sullivan, ancien conseiller en politique étrangère de Clinton, en passant par Michael Morell, ancien directeur de la CIA.

 

Jamie Fly, membre du German Marshall Fund et spécialiste de l’Asie, s’est révélé être l’un des promoteurs les plus prolifiques du nouveau traqueur de bots russes dans les médias. Aux côtés de Laura Rosenberger, une ancienne assistante en politique étrangère à la campagne de Hillary Clinton en 2016, Fly est apparu dans une série d’interviews et a co-écrit plusieurs éditoriaux où il soulignait la nécessité de réprimer massivement les réseaux sociaux.

 

Au cours d’une interview accordée à C-Span en mars 2018, Fly s’est plaint que les « comptes russes » cherchaient à « promouvoir certains messages, à amplifier certains contenus, à donner des points de vue marginaux, à opposer les Américains les uns aux autres, et nous devons nous attaquer à ce problème persistant et trouver des moyens, par le biais du gouvernement, des sociétés de technologie et de la société en général, de résoudre ce problème ».

 

Pourtant, peu des sites figurant sur la liste noire de PropOrNot étaient des comptes russes, et aucun des sites alternatifs qui ont été effacés lors de la récente purge de Facebook dont Fly et ses collègues s’attribuent le mérite apparemment, ne l’était. La seule infraction dont ils auraient pu être accusés était la publication de points de vue que Fly et ses cohortes considéraient comme « marginaux ».

 

De plus, l’ASD a été forcée d’admettre que la masse de comptes Twitter qu’elle avait initialement identifiés comme des « bots russes » n’étaient pas nécessairement des bots… et n’étaient peut-être pas russes non plus.

 

 « Je ne suis pas convaincu au sujet de cette affaire de bot »

 

Une enquête menée en novembre 2017 par Max Blumenthal, co-auteur de cet article, a révélé que le tableau de bord Hamilton 68 de l’ASD était la création d’une « collection d’excentriques, de recyclés de l’anti-terrorisme, de harceleurs en ligne et de paranoïaques opérant avec le soutien de personnalités parmi les plus en vue qui opèrent au sein de l’appareil américain de la sécurité nationale ».

 

Parmi ces personnalités figuraient les mêmes membres du Center for Cyber and Homeland Security (Centre pour la cybersécurité et la sécurité intérieure) de la George Washington University, Andrew Weisburd et Clint Watts, qui avaient été cités comme experts dans l’article du Washington Post faisant la promotion de PropOrNot.

 

Weisburd, qui a été décrit comme l’un des cerveaux derrière le tableau de bord de Hamilton 68, a par le passé mis en place une initiative de surveillance anti-palestinienne en ligne dirigée par un seul homme, dont la spécialité était d’exposer les activistes de gauche, les musulmans et tous ceux qu’il considérait comme « anti-américains ». Plus récemment, il a eu recours à Twitter pour raconter n’importe quoi sur des fantasmes meurtriers et homophobes à l’égard de Glenn Greenwald, rédacteur en chef de The Intercept, une publication que l’ASD a signalée sans explication comme étant un vecteur d’opérations d’influence russe.

 

Watts, pour sa part, a témoigné devant le Congrès à plusieurs reprises pour demander au gouvernement de « réprimer les rébellions de l’information » avec des mesures de censure, y compris des « étiquettes nutritionnelles » pour les médias en ligne. Il a reçu une grande publicité de la part des médias d’entreprises et a été récompensé par un rôle de contributeur pour la chaîne NBC sur la base de son expertise supposée dans la recherche de désinformations russes.

Cependant, lorsqu’il fut interrogé lors d’un événement public par Ilias Stathatos, qui est contributeur à Grayzone, Watts a admis que des éléments substantiels de son témoignage étaient faux et il a refusé de fournir des preuves à l’appui de certaines de ses affirmations les plus colorées au sujet de l’activité malveillante de bots russes.

 

Dans une autre interview avec Buzzfeed, Watts semblait complètement désavouer le traqueur de bots Hamilton 68 en tant qu’outil légitime. « Je ne suis pas convaincu au sujet de cette affaire de bot », a avoué Watts. Il a même appelé le récit qu’il avait aidé à fabriquer « excessif » et a admis que les comptes traqués par Hamilton 68 n’étaient pas nécessairement dirigés par des acteurs du renseignement russe.

 

« Nous ne pensons même pas qu’ils sont tous commandés en Russie… du tout. Nous pensons que certains d’entre eux sont de véritables passionnés qui se consacrent vraiment à la promotion de la Russie », a reconnu M. Watts.

 

Mais ces admissions stupéfiantes ont peu freiné l’élan de la purge qui a suivi.

 

Et voici le Conseil Atlantique

 

Dans son entretien avec Sprague, Fly, du German Marshall Fund, a déclaré qu’il travaillait avec le Conseil de l’Atlantique dans la campagne visant à éliminer les médias alternatifs des plateformes de réseaux sociaux tels que Facebook.

 

Le Conseil de l’Atlantique est un autre groupe de réflexion basé à Washington qui sert de point de rassemblement pour les néo-conservateurs et les interventionnistes libéraux qui encouragent l’agression militaire dans le monde entier. Il est financé par l’OTAN et les gouvernements répressifs alliés des États-Unis, notamment l’Arabie saoudite, Bahreïn et la Turquie, ainsi que par des oligarques ukrainiens tels que Victor Pynchuk.

 

En mai de cette année, Facebook a annoncé un partenariat avec le Digital Forensic Research Lab (DFRLab) du Conseil de l’Atlantique pour « identifier, exposer et expliquer la désinformation au cours des élections dans le monde entier ».

 

Le DFRLab du Conseil de l’Atlantique est connu pour son mélange zélé de dissidence en ligne légitime et d’activités russes illicites, il adopte ainsi la même tactique que PropOrNot et l’ASD.

 

Ben Nimmo, un membre de DFRLab qui a bâti sa réputation de débusqueur de réseaux d’influence en ligne du Kremlin, a lancé cette année une chasse à la sorcière embarrassante dans laquelle il a mal identifié plusieurs personnes réelles comme étant des bots russes ou des « comptes d’influence » du Kremlin. Parmi les victimes de Nimmo il y avait Mariam Susli, une personnalité connue des réseaux sociaux syro-australiens, la célèbre pianiste ukrainienne Valentina Lisitsa et Ian Shilling, un retraité britannique.

 

Dans une interview avec Sky News, Shilling a présenté une tirade mémorable contre ses accusateurs. « Je n’ai aucun contact avec le Kremlin. Je ne connais aucun Russe, je n’ai aucun contact avec le gouvernement russe ni quoi que ce soit à faire avec eux », s’est-il exclamé. « Je suis un citoyen britannique ordinaire qui effectue des recherches sur les guerres néo-conservatives en cours actuellement en Syrie ».

 

Avec les dernières purges de Facebook et Twitter, des citoyens ordinaires comme Shilling sont pris pour cibles, ouvertement et délibérément. Les suppressions massives de comptes de médias alternatifs illustrent comment des radicaux de la sécurité nationale du German Marshall Fund et du Conseil de l’Atlantique (ainsi que tous ceux qui étaient derrière PropOrNot) ont instrumentalisé la panique artificielle qui a entouré l’ingérence russe afin de générer un soutien public à une plus grande campagne de censure des médias.

 

Dans sa conversation à Berlin avec Sprague, Fly a noté avec une approbation apparente que « Trump dénonce maintenant l’ingérence de la Chine dans l’élection de 2018 ». Alors que le mantra de l’ingérence étrangère s’étend à un nouveau pouvoir antagoniste, la répression des voix dissidentes présentes sur les médias en ligne va presque certainement s’intensifier.

 

Comme l’a promis Fly : « Ce n’est que le commencement ».

 

 

Jeb Sprague est un professeur invité à l’Université de Californie à Santa Barbara. Il est l’auteur de Globalizing the Caribbean: Political Economy, Social Change, and the Transnational Capitalist Class (Temple University Press, 2019) et Paramilitarism and the Assault on Democracy in Haiti (Monthly Review Press, 2012). Il est l’éditeur de Globalization and Transnational Capitalism in Asia and Oceania (Routledge, 2016). Il est l’un des co-fondateurs du Network for the Critical Studies of Global Capitalism (réseau d’études critiques du capitalisme mondial).

 

Max Blumenthal est un journaliste primé et auteur de livres dont les best-sellers Republican Gomorrah: Inside the Movement That Shattered the PartyGoliath: Life and Loathing in Greater IsraelThe Fifty One Day War: Ruin and Resistance in Gaza, et The Management of Savagery, qui sera publié plus tard cette année aux éditions Verso. Il a également produit de nombreux articles de presse pour diverses publications, de nombreux reportages vidéo et plusieurs documentaires, dont Je Ne Suis Pas Charlie et le prochain Killing Gaza. Blumenthal a fondé le projet Grayzone en 2015 dans le but de faire la lumière sur l’état de guerre perpétuel des Etats-Unis et ses dangereuses répercussions au niveau national.

 

Source : Grayzone Project

 

 

Facebook Censorship of Alternative Media “Just the Beginning,” Says Top Neocon Insider


New McCarthyism
October 23, 2018
Facebook Censorship of Alternative Media “Just the Beginning,” Says Top Neocon Insider
At a Berlin security conference, hardline neocon Jamie Fly appeared to claim some credit for the recent coordinated purge of alternative media. By Max Blumenthal and Jeb Sprague

Jamie Fly, rise of a neocon cadre

Jamie Fly is an influential foreign policy hardliner who has spent the last year lobbying for the censorship of “fringe views” on social media. Over the years, he has advocated for a military assault on Iran, a regime change war on Syria, and hiking military spending to unprecedented levels. He is the embodiment of a neoconservative cadre.
Like so many second-generation neocons, Fly entered government by burrowing into mid-level positions in George W. Bush’s National Security Council and Department of Defense.
In 2009, he was appointed director of the Foreign Policy Initiative (FPI), a rebranded version of Bill Kristol’s Project for a New American Century, or PNAC. The latter outfit was an umbrella group of neoconservative activists that first made the case for an invasion of Iraq as part of a wider project of regime change in countries that resisted Washington’s sphere of influence.
By 2011, Fly was advancing the next phase in PNAC’s blueprint by clamoring for military strikes on Iran. “More diplomacy is not an adequate response,” he argued. A year later, Fly urged the US to “expand its list of targets beyond the [Iranian] nuclear program to key command and control elements of the Republican Guard and the intelligence ministry, and facilities associated with other key government officials.”
Fly soon found his way into the senate office of Marco Rubio, a neoconservative pet project, assuming a role as his top foreign policy advisor. Amongst other interventionist initiatives, Rubio has taken the lead in promoting harsh economic sanctions targeting Venezuela, even advocating for a U.S. military assault on the country. When Rubio’s 2016 presidential campaign floundered amid a mass revolt of the Republican Party’s middle American base against the party establishment, Fly was forced to cast about for new opportunities.
He found them in the paranoid atmosphere of Russiagate that formed soon after Donald Trump’s shock election victory.

(…)

Less than three weeks after Clinton’s defeat, the Washington Post’s Craig Timberg published a dubiously sourced report headlined, “Russian propaganda effort helped spread ‘fake news.’” The article hyped up a McCarthyite effort by a shadowy, anonymously run organization called PropOrNot to blacklist some 200 American media outlets as Russian “online propaganda.”
The alternative media outfits on the PropOrNot blacklist included some of those recently purged by Facebook and Twitter, such as The Free Thought Project and Anti-Media. Among the criteria PropOrNot identified as signs of Russian propaganda were “Support for policies like Brexit, and the breakup of the EU and Eurozone” and “Opposition to Ukrainian resistance to Russia and Syrian resistance to Assad.” PropOrNot called for “formal investigations by the U.S. government” into the outlets it had blacklisted.

(…)

Though the German Marshall Fund did not name the donors that specifically sponsored its Alliance for Securing Democracy initiative, it hosts a who’s who of bipartisan national-security hardliners on the ASD’s advisory council, providing the endeavor with the patina of credibility. They range from neocon movement icon Bill Kristol to former Clinton foreign policy advisor Jake Sullivan and ex-CIA director Michael Morell.
Jamie Fly, a German Marshall Fund fellow and Asia specialist, emerged as one of the most prolific promoters of the new Russian bot tracker in the media. Together with Laura Rosenberger, a former foreign policy aide to Hillary Clinton’s 2016 campaign, Fly appeared in a series of interviews and co-authored several op-eds emphasizing the need for a massive social media crackdown.

(…)


Enter the Atlantic Council

In his conversation with Sprague, the German Marshall Fund’s Fly stated that he was working with the Atlantic Council in the campaign to purge alternative media from social media platforms like Facebook.
The Atlantic Council is another Washington-based think tank that serves as a gathering point for neoconservatives and liberal interventionists pushing military aggression around the globe. It is funded by NATO and repressive, US-allied governments including Saudi Arabia, Bahrain and Turkey, as well as by Ukrainian oligarchs like Victor Pynchuk.
This May, Facebook announced a partnership with the Atlantic Council’s Digital Forensic Research Lab (DFRLab) to “identify, expose, and explain disinformation during elections around the world.”
The Atlantic Council’s DFRLab is notorious for its zealous conflation of legitimate online dissent with illicit Russian activity, embracing the same tactics as PropOrNot and the ASD.

(…)

Comment by ABE:

Facebook Censorship of Alternative Media ‘Just the Beginning,’ Warns Top pro-Israel Lobby Insider.

Generalized terms like “Neocon” and “foreign policy hardliner” fail to fully identify characters like Fly, former executive director of the Foreign Policy Initiative (FPI) during 2009-2013.
Fly used his perch at the Weekly Standard blog to propagate pro-Israel Lobby perspectives, including pressing a hardline on Iran, criticizing President Barack Obama for “engaging” “terrorists,” and excoriating the international community for criticizing the mid-2010 Israeli commando attack on an international aid flotilla to Gaza.
On Alternative Media and Social Media, people have been willing to talk and write about the pro-Israel Lobby openly, instead of being silenced by false charges of “anti-Semitism”.
Elements of the pro-Israel Lobby, the more obvious “we” of Fly’s remarks, have pushed very hard for censorship of critical discussion of Israeli government actions, pro-Israel Lobby influence on American foreign policy, and Israeli interference in US electoral politics, all under the guise of fighting “anti-Semitism”.
The appearance of PropOrNot, the formation of the Google-sponsored “First Draft” propaganda coalition, and other attacks on Alternative Media are a concerted effort to marginalize and suppress media outlets that expose the agenda of the pro-Israel Lobby.

Max Blumenthal on Twitter: In candid remarks, neocon bomb-bomb-Iran activist @jamiemfly appeared to claim credit for Facebook’s recent purge of alternative media outlets and promised, « This is just the beginning. » Fly helps lead a top McCarthyism outfit hyping the Russian bot scare.

Facebook’s NATO-Led Crackdown on Alternative Media ‘Only Just Starting’ Kit Klarenberg

Purge of alt-media by FB is ‘us pushing back, just a beginning’ – censorship insider | RT

‘Living in Orwell’s 1984’ – Alternative voices react to Facebook and Twitter Crackdown

VIDEO – Facebook ‘Purge’ a Step Toward Censorship?

Facebook Censors 800 Anti-Establishment Pages As Predicted

VIDEO – Facebook and Twitter Purge 800 Anti-Establishment Alt-Media Accounts

VIDEO – Alternative Media Is Under Attack From All Angles and So Are Selfies

Neocon Bill Kristol Gleefully Celebrates Social Media Purge

Neocon Bill Kristol Celebrates Social Media Purge

Facebook Erases Hundreds of Alternative Media Pages in Mass Purge (1/2)

Social Media Purge Silences Alternative Media Outlets that had Millions of Likes (2/2)


Facebook Purge of Alternative Media Is ‘Just the Beginning,’ Boasts DC Neocon Operative (1/2)


US Gov.-Funded Groups Push to Censor Social Media, Using Russia and China as Bogeymen (2/2)

 

Die-hard neocon think-tank is ‘scrubbing the internet of fringe views’ – Max Blumenthal

Who’s Behind the Ongoing Alt/Indy Media Purge?

Big Tech’s dangerous crackdown on social media – with Abby Martin (Ep. 23)

US funds organization to sow chaos abroad, but complains about Russian ‘meddling’ – Max Blumenthal — RT US News

Max Blumenthal: From Russiagate to Nicaragua – YouTube

The Real Russian Interference in US Politics


Facebook Taps Militarist Think Tank Atlantic Council to Police its Content (Pt 1/2)


Russiagate Frenzy Targets Leftist Sites (Pt 2/2)


Russiagate Fear-mongers ‘Have Nothing To Say’ – Max Blumenthal

 

 

Sur ce blog:

Le PDG israélo-hongrois de la compagnie de mercenaires SPEAR, Abraham Golan, revendique avoir dirigé une opération d’assassinat ciblés au Yémen, légalement sous les ordres des Émirats Arabes Unis et en accord avec les forces de l’Otan.

Nouveau documentaire de Grayzone Project (2018) « Inside America’s Meddling Machine »: Au coeur de la machine interventionniste des États-Unis: le National Endowment for Democracy et autres organisations néoconservatrices pour un « changement de régime » en Corée du Nord. Une mise en perspective pour mieux entrevoir l’hypocrisie « patriotique » et l’indignation sélective concernant le Russiagate.

La censure du documentaire sur la puissance du lobby pro-israélien confirme la puissance de ce même lobby pro-israélien

Noam Chomsky: peu importe ce que la Russie a pu faire pour influencer les élections américaines, cette influence est sans commune mesure avec l’influence israélienne, une influence immense, connue de tous et qui ne se cache même pas. Le scandale en lui-même révèle en fait l’ignorance crasse du public et l’hypocrisie sans borne et la double éthique des médias et des politiciens.

Archarnement jamais vu contre Jeremy Corbyn, accusé d’être un « agent russe » et un « antisémite » alors qu’il n’en est rien. La campagne de haine virulente et désespérée des médias et de la classe politique de droite contre Corbyn laisse clairement entrevoir le désespoir qui les habite face à l’enventualité d’une victoire politique du Labour. Les habituelles accusations d’ « antisémitisme » et d’être un « agent russe » utilisées pour saboter sa carrière politique tout en l’empêchant de parler et de se défendre. La crise en est arrivée à un point que son parti s’est vu obligé d’adopter (avec des bémols) la définition de l’antisémitisme imposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA)

Rappel sur les fausses nouvelles (intox) avérées : quand les grands médias diffusaient en boucle des fausses images de Palestiniens en train – a-t-on prétendu – de célébrer les attaques du 11 septembre

Rappel sur la dissimulation par les grands médias des liens du va-t-en-guerre-pour-Israel John McCain avec la pègre juive

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